Ces oiseaux qu’on met en cage

Ce roman concourt au prix du cercle anonyme de la littérature.


Concourant au prix du cercle anonyme de la littérature dans la catégorie Réalisme, j’ai pour ainsi dire, presque dévoré ce roman, dans l’appréhension d’avoir enfin le fin mot de cette histoire… Je vous parle donc de Ces oiseaux qu’on met en cage de Marjorie Levasseur.

Résumé : SAMUEL, FABRICE, MANON, FRANCK, ANNE-LISE…
Vu de l’extérieur, leur vie semble parfaite, mais doit-on toujours se fier aux apparences ?
Un jour, arrive le geste de trop, l’événement qui fait dérailler la marche routinière du train de l’existence. Les masques tombent, le vernis craque.
Au fil des rencontres, des tragédies, apparaît la nécessité pour ces jeunes gens et leur entourage d’évoluer, de retrouver une liberté perdue…
D’ouvrir la cage, quel que soit le prix à payer.

Quand les destins s’entremêlent…
Plusieurs protagonistes. Pour plusieurs histoires. Mais un seul fil rouge. L’amour, l’amitié, la détresse, le silence, la souffrance, l’horreur, la peur… La mort. « doit-on toujours se fier aux apparences ? » C’est une question primordiale que nous pose là Marjorie Levasseur, et c’est sans aucun doute le cœur même de ce roman. Ce récit s’ouvre douloureusement, sur une vie brisée par l’existence d’une autre. Premier nœud. S’ensuit mille et un cris de détresse, de fureur, et d’incompréhension. Le voile se lève, mettant à nu. Et, à côté, une autre histoire. Une personnalité bridée par une âme empoisonnée. Deuxième nœud. Plus on avance, plus on prend l’ampleur de la tragédie. Le drame se déroule sous nos yeux, impuissants. Et encore d’autres récits. D’autres nœuds. D’autres vies. Quand les destins s’entremêlent…

Dans une danse tragique…
Ces oiseaux qu’on met en cage est un roman difficile, qui aborde des sujets forts, durs et que l’on préférerait occultés. Fabrice, Samuel, Manon, Franck, Anne-Lise, Colette, Claudine… Des noms noyés dans les méandres du monde. Mais des noms qui ont des choses à raconter. Chacun a son histoire, son passé, ses sentiments… son calvaire. Chacun apporte à ce récit sa petite étincelle. Marjorie Levasseur nous offre une galerie de personnages riche et sur laquelle elle base son roman. Aucun d’eux n’est laissé au hasard, tous ont leur rôle à jouer. Dans une danse tragique, où « Les masques tombent, le vernis craque. », j’ai été prise en étau entre la douleur et l’espoir. Lorsqu’on lit un tel roman, on ne peut empêcher les questions d’affluer, les « qu’aurait-on fait ? », les « comment aurions-nous réagit ? »… Traiter des thèmes comme la violence conjugale, le suicide, l’homo-sexualité, est un pari risqué. Mais, Marjorie Levasseur l’a relevé haut la main, sans lourdeurs, sans banalités. Avec justesse, et réalisme.

Le style de Marjorie Levasseur…
Marjorie Levasseur a une plume très douce, fluide et élégante. J’ai beaucoup apprécié les dialogues qui paraissent très réalistes, à l’image de l’intrigue elle-même. Néanmoins, malgré une écriture agréable, j’ai tout de même relevé quelques maladresses, notamment « C’est de ton père que tu parles », au lieu de « C’est de ton père dont tu parles ». Même si ça paraît être finalement, pas grand chose, cela a gêné ma lecture. Cela m’a gênée, or, apparemment, ce n’est pas vraiment une faute… Comme quoi. Donc, pas tant une maladresse que ça. Et une petite faute également, un « tache » au lieu de « tâche », qui fausse le sens de la phrase évidemment, puisque ce petit accent circonflexe différencie bien deux mots très différents. Autrement, niveau orthographique, je n’ai rien d’autres à déplorer. Un récit très bien écrit, et traitant de sujets difficiles…

Au final, le titre de ce roman, à l’image de son résumé, est parfaitement bien choisi. J’ai beaucoup apprécié cette lecture, et je vous la recommande vivement. Une excellente découverte !


◊ Extrait ◊

1 – Fabrice
Fabrice n’avait pas pénétré dans le bureau de son père depuis quelques semaines maintenant, mais tout y était à sa place : la lampe vintage que sa mère avait offerte à son père pour leurs trente ans de mariage et qui trônait dans un coin de la pièce en prenant la poussière, les impressionnantes rangées de livres qui s’étalaient royalement le long des étagères, les photos de famille sur la large table de travail en merisier… En s’approchant plus près des cadres, il s’aperçut, sans grande surprise que seule la sienne manquait à l’appel…

Il se souvenait très bien du jour où Jacques Charmat, son père, l’avait convoqué dans son bureau comme il l’aurait fait avec n’importe lequel de ses employés, s’installant derrière le grand panneau de bois comme pour garder cette distance qu’il réservait à ceux qu’il considérait comme sous son autorité. Les deux jours précédant cet « entretien », son père l’avait surpris en compagnie d’un autre garçon dans la rue, dans une attitude sans équivoque : les corps collés serrés, s’embrassant à bouche que veux-tu. Son premier baiser à un garçon. La première fois qu’il assumait ce qu’il était.

Disponible à 2,99€ en version numérique et 12,90€ en version papier
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