Premières lignes #3 : L’élégance du hérisson

Premières lignes est un rendez-vous littéraire initié par le blog Ma Lecturothèque. Le principe est de présenter chaque semaine les premières lignes d’une oeuvre. Cela permet de vous faire découvrir de nouvelles lectures, d’une façon différente.


Cette semaine, je vous propose de découvrir les premières lignes d’un roman, j’oserai même dire d’un classique : L’élégance du hérisson de Muriel Barbery.

Résumé : « Je m’appelle Renée, j’ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j’ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l’image que l’on se fait des concierges qu’il ne viendrait à l’idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants.

Je m’appelle Paloma, j’ai douze ans, j’habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c’est le bocal à poissons, la vacuité et l’ineptie de l’existence adulte. Comment est-ce que je le sais ? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C’est pour ça que j’ai pris ma décision: à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai. »

 

Chapitre 1 : Qui sème le désir

— Marx change totalement ma vision du monde, m’a déclaré ce matin le petit Pallières qui ne m’adresse d’ordinaire jamais la parole.
Antoine Pallières, héritier prospère d’une vieille dynastie industrielle, est le fils d’un de mes huit employeurs. Dernière éructation de la grande bourgeoisie d’affaires – laquelle ne se reproduit que par hoquets propres et sans vices -, il rayonnait pourtant de sa découverte et me la narrait par réflexe, sans même songer que je puisse y entendre quelque chose. Que peuvent comprendre les masses laborieuses à l’oeuvre de Marx ? La lecture en est ardue, la langue soutenue, la prose sub­tile, la thèse complexe.
Et c’est alors que je manque de me trahir stupidement.
— Devriez lire l’Idéologie allemande, je lui dis, à ce crétin en duffle-coat vert sapin.
Pour comprendre Marx et comprendre pourquoi il a tort, il faut lire l’Idéologie allemande. C’est le socle anthropologique à partir duquel se bâtiront toutes les exhortations à un monde nouveau et sur lequel est vissée une certitude maîtresse : les hommes, qui se perdent de désirer, feraient bien de s’en tenir à leurs besoins. Dans un monde où l’hubris du désir sera muselée pourra naître une organisation sociale neuve, lavée des luttes, des oppressions et des hiérarchies délétères.
— Qui sème le désir récolte l’oppression, suis-je tout près de murmurer comme si seul mon chat m’écoutait.

Une lecture sûre pour passer un bon moment. Ce roman est une pépite et si vous ne l’avez toujours pas lu, il est temps de sauter le pas !

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