Lysere – ÉCRIVAIN #CNCG

Nicholas Maire, alias Lysere, est un écrivain baignant dans les univers de l’imaginaire. Fan des genres du fantastiques depuis tout jeune, c’est grâce au théâtre et aux jeux de rôles qu’il se lance enfin dans l’écriture créant et développant des intrigues toujours plus complexes. Il sera publié quelques années plus tard aux éditions NL avec son ouvrage Connexio Sybarite.

1) Vous êtes auteur de SFFF, parlez-nous un peu de votre univers, vos parutions.

Mince, ça commence déjà avec la première question, bon, l’univers de Lysere et Belysambre, pour généraliser c’est l’imaginaire en général. Pourquoi ? Parce que nous ne nous contentons pas juste de travailler sur le même projet en permanence, nous avons en chantier une saga SF (la Connexio Sybarite, dont le premier tome : La voie des ombres est paru en novembre 2016 aux éditions NL) et qui possède un univers particulier inspiré de nombreuses sources qui vont de la musique au jeu vidéo en passant par le cinéma et la littérature : Pour résumer rapidement, l’humanité a essaimé dans les étoiles en perdant son berceau (la Terre) et par voie de conséquence une part très importante de son héritage historique, scientifique et culturel, toute l’histoire tourne autour de la quête du passé pour forger un avenir, que ce soit au niveau du personnage principal (amnésique) qu’au niveau des grandes forces qui tentent de grappiller du pouvoir en retrouvant des connaissances du passé. Plusieurs ouvrages tournent autour dans le même univers donnant des informations ou des détails sur tel et tel sujet (le C-LOG à paraître bientôt qui raconte la vérité sur l’incident martien, le Disjoncteur à paraître aussi qui relate les mésaventures de deux jeunes apprentis chasseurs de prime et dont l’influence sur la série principale sera non négligeable).

Dans un tout autre genre, nous avons aussi le premier tome d’une trilogie Viking qui a été proposé aux éditeurs et a reçu un bon accueil, nous avons l’espoir d’une parution prochaine de ce projet qui nous tient très à cœur car nous sortons des sentiers battus et abordons ce récit sous un angle très différent de ce que l’on peut habituellement lire sur les vikings.
Et puis nous avons d’autres projets en cours qui avancent en fonction des envies et des possibilités, un roman fantastique qui tourne autour d’une légende alsacienne peu connue et dont le manuscrit est quasiment terminé, un roman steampunk dont les grandes lignes sont lancées mais qui exige encore pas mal de documentation, une histoire de pirates bretons avec une bonne grosse dose de fantasy ainsi que d’autres projet à l’état d’ébauches ou d’avancement très varié. Du coup, difficile pour nous de parler d’un seul univers, Belysambre et moi sommes très éclectiques et menons de front beaucoup de choses, du coup, ça n’avance pas forcément très vite, surtout que la vie et la maladie ne nous laissent pas vraiment l’occasion de consacrer autant de temps que nous voudrions à l’écriture.

Pour le moment en terme de parution il y a le premier tome de la Connexio Sybarite depuis novembre 2016, roman SF parfois perturbant pour certains lecteur habitués à des codes bien définis (pas de bol, nous sommes un peu anti-conventionnels) le second tome est en phase finale d’écriture, premières corrections à venir dans les mois prochains, avec une parution, je l’espère fin 2017 ou début 2018. Un autre roman dans le même univers est aux mains des éditeurs, reste à définir une date de publication, il y a la série du Disjoncteur qui paraît gratuitement sur notre site Internet sur une base régulière (bon en ce moment c’est très compliqué pour une quantité de raisons personnelles sur lesquelles je ne m’étalerai pas) mais j’en parlerai plus avant dans la question 2. Nous attendons encore pour le moment les réponses définitives des éditeurs pour un roman de fantasy dans un univers viking. Ce qui nous laisse donc à venir dans un délai relativement court, trois nouvelles publications potentielles.

2) Je lis votre série épisodique Le Disjoncteur, la saison 1 est déjà terminée et vous êtes déjà lancé dans la saison 2, que pensez-vous faire de cette saison 1 ? La proposer en auto-édition ? Dans une maison d’édition ? Que pensez-vous des éditions Nutty Sheep, spécialisée dans la littérature de l’imaginaire sous forme de série épisodique ?

Merci, j’espère que la série te plaît, c’est un peu un exercice de voltige entre Belysambre et moi. Pour répondre à la question qu’allons-nous faire de la saison 1, il faut déjà remettre le Disjoncteur dans son contexte, au départ, c’est un projet un peu fou, Belysambre passant du statut de (relectrice/correctrice/illustratrice) au statut de coauteure à part entière, le Disjoncteur est donc notre premier bébé en commun (si l’on oublie nos enfants qui ont la primauté dans ce domaine, bref, je m’égare) Il s’agit donc avant tout, d’un brouillon, publié tel quel pour nous permettre plusieurs choses : affiner notre style commun, trouver des méthodes de travail qui nous conviennent à tous les deux, permettre de garder une trace de cette évolution de style et d’écriture à quatre mains. Il s’agit donc, en l’état d’un brouillon impubliable pour un éditeur puisque non corrigé, non relu et non affiné, ce qui m’amène à répondre à la question, le Disjoncteur saison 1 est le squelette d’un projet plus vaste qui prend naissance dans l’univers de la Connexio Sybarite, il est donc en cours de relecture, réécriture, corrections en vue d’une proposition aux éditeurs, ce qui explique pourquoi la saison 1 n’est plus disponible.

Mon avis sur les éditions Nutty Sheep ? Alors sur le principe, même si j’encourage le monde de l’édition des styles de l’imaginaire à se développer (forcément, je prêche un peu pour ma paroisse) Je n’aime pas l’idée de payer chaque épisode indépendamment, quand j’observe un peu le monde professionnel d’où je viens, je me rend compte de la quantité indécente de projets qui sont lancés et avortés en plein milieu sans trompettes ni tambours, les séries littéraires, c’est un peu la même chose, payer pour un épisode sans savoir si j’aurais la suite un jour ? Résolument non. J’aime savoir où je vais, j’ai dans ma bibliothèque (numérique comme papier) trop de séries inachevées pour de nombreuses causes diverses, donner sa chance au premier tome d’une trilogie d’accord, donner sa chance au premier tome d’une série qui en projette quinze ? Non merci, les parutions par épisodes, même combat. C’est peut-être un avis rétrograde, mais je l’assume totalement. J’aurais donc tendance à dire : « wait and see » Surtout que payer épisode par épisode revient souvent plus cher que d’attendre l’intégrale (à titre d’exemple , le Disjoncteur saison 1 fait 23 épisodes, à raison de quoi, 1€ par épisode, nous arrivons à un total de 23€ alors que l’ouvrage final ne devrait pas dépasser les 15€/16€ au total, le lecteur peut alors avoir le sentiment de s’être fait flouer, surtout si le manuscrit de l’intégrale est remanié et recorrigé)

3) En plus d’être auteur, il se trouve que vous êtes également chroniqueur littéraire, pourquoi vous être lancé dans cette aventure ? Était-ce pour vous une suite logique à votre activité d’auteur ?

Alors, je le redis, je n’ai pas la prétention d’être chroniqueur littéraire, c’est un métier à part entière très difficile et pour lequel je ne suis pas compétent (remettre un ouvrage dans son contexte socio-économique, discuter avec l’auteur, trouver les messages cachés et apporter un avis professionnel n’est pas ma principale motivation). Je préfère dire que je donne des avis personnels sur les livres que je lis pour m’évader ou trouver de l’inspiration. Si je me suis lancé dans l’aventure de publier mes avis littéraires, c’est avant tout pour donner une idée de mes sources d’inspiration et de mes appétences personnelles. De plus, toute lecture dont je ne serais pas satisfait est tout simplement ignorée dans mes avis (en tant qu’auteur, je sais à quel point il est difficile de gérer un avis négatif en public, surtout quand je me rends compte que le lecteur en question n’a rien compris à l’œuvre) Du coup, je ne donne d’avis littéraire que quand j’ai apprécié le livre et pour des récits récents édités ou auto-publiés. Pour les autres, soit j’apprécie personnellement l’auteur et je vais lui en parler en privé, soit je mets un mouchoir dessus. Ce n’était pas une suite logique évidente, c’était plutôt une continuité pour expliquer aux personnes tentées par l’aventure de l’écriture qu’il est impossible d’écrire sans une solide culture littéraire. Ce n’est bien sûr que mon avis personnel, mais je ne pense pas faire d’erreur sur ce sujet. Beaucoup de personnes de mon entourage réel ou virtuel pensent que l’écriture c’est facile, il suffit de prendre son stylo ou son clavier et de balancer les mots à la suite… Ouais, dans les films peut-être, quand je vais au cinéma et que je sors de la séance en ayant l’impression de pouvoir résumer le scénario sur un post-it, c’est sûr que ça donne une impression de facilité. Et bien ce n’est pas le cas, du coup, publier mes avis de lecture permet de mieux se donner une idée du travail préalable que j’exige de moi-même avant de commencer à écrire, alors oui, ça influence mon écriture, c’est normal, mais ça m’évite aussi de verser dans le plagiat.

4) Vous lisez de la littérature SFFF, votre univers de prédilection, vous sentiriez vous prêt à lire un autre genre et même à écrire un autre genre ?

Alors, si la littérature SFFF est mon genre de prédilection, je ne m’arrête pas là, je lis de tout sans vraiment me préoccuper du genre, cela va de de la poésie, à la philosophie, en passant par le théâtre, et la littérature blanche (je déteste ce terme, mais au moins quand j’en parle, les éditeurs comprennent) Écrire dans un autre genre ? Pourquoi pas, il n’y a aucune raison que non, il faut bien sûr que l’histoire à raconter me donne envie de la coucher sur le papier. Il y a beaucoup de projets que j’ai trouvé encourageants mais que je n’ai pas souhaité commencer ne serait-ce que parce que je ne me sentais ni légitime ni compétent pour les conter. Mais sinon, oui, bien sûr, pourquoi pas ?

5) Vous lisez des auto-édités, que pensez-vous de cette nouvelle forme d’édition ?

D’abord, je préfère employer le terme d’auto-publié, parce que beaucoup de plumitifs ne font rien d’autre que publier leurs textes en étant persuadés qu’ils sont le nouveau Coehlo ou Hemingway, certains ne font strictement aucun effort au niveau de la qualité du texte tant au niveau de la forme que du fond. Auto-édité signifie à mon sens que l’auteur a fait un travail éditorial exigeant sur son œuvre afin de le rendre compréhensible, ou au moins lisible, ce qui n’est, hélas, pas le cas dans la grande majorité. Mais oui, je vous entends avec vos grands cris d’orfraies effarouchés, il n’empêche que c’est mon avis et plus je lis d’auto-publiés, plus j’en suis persuadé. Si vous n’êtes pas contents, il suffit de me sortir de votre liste d’amis et d’arrêter de me demander à aimer vos pages… Il y a des textes magnifiques, des bijoux superbes à découvrir dans cet océan de récits, encore faut-il les découvrir au hasard de nos pérégrinations littéraires, et pour ça, il faut avoir le temps de lire, encore et encore… L’auto-publication n’est pas nouvelle, dès le début de l’édition traditionnelle il y en a eu pour se lancer dans l’aventure, ce qui est nouveau, c’est le phénomène invraisemblable de la paupérisation de l’écriture, en 2015, d’après les statistiques de l’Insee sur les activités culturelles, près d’1 français sur 6 se prétend auteur (cela couvre tous les styles, toutes les formes d’écritures et toutes les formes de publications) à cela, rajoutons-y la manne financière que cela représente pour les grosses plateformes qui prennent une « petite » commission sur chaque vente et la facilité déconcertante associée à une absence totale de contrôle qualitatif, et nous obtenons un raz-de-marée… Je ne dirais pas que les éditeurs traditionnels sont exempts de publications hasardeuses aux nombreuses coquilles, avec des aberrations tant dans la mise en forme que dans le fond du texte, mais à budget équivalent j’ai moins de mauvaises surprises en prenant mes livres dans le catalogue de petits éditeurs que sur une plateforme pour auto-publiés, voilà, c’est dit, et totalement assumé. En résumé, je me fiche que l’auteur soit auto-publié ou édité dans une maison d’édition traditionnelle, l’important c’est que l’ouvrage soit de qualité à un tarif raisonnable (ni pas assez cher ni trop cher).

6) Vous n’acceptez pas les services de presse de maison d’édition, pouvez-vous expliquer pourquoi ?

Petite correction : Je n’accepte plus aucun service presse (maison d’édition ou auto-publiés). J’ai longuement expliqué ce choix dans un article sur mon site qui a fait couler un peu d’encre par-ci, par-là. En résumé, je n’ai plus envie de me faire agresser chaque fois que j’envoie un message privé à l’auteur ou à la maison d’édition pour dire que non, je n’ai pas aimé le livre et que je ne donnerai pas d’avis dessus, je n’ai plus envie de me faire prendre à partie chaque fois que je fais un choix de lecture ou de non lecture et je n’ai plus envie de recevoir des messages en provenance d’auteurs vexés qui me promettent des avis dithyrambiques sur mes propres livres si je leur « offre » un avis élogieux et qui ensuite me menacent de mille morts et d’une campagne de dénigrement quand je leur répond que non, décidément, impossible de donner un avis positif sur un ouvrage que je n’ai pas aimé. J’ai passé l’âge et le temps de prendre des pincettes avec les gens, si cela les froisse parce que leur petite sensibilité d’auteur et leur égo surdimensionné en ont pris un coup, je leur propose donc d’échanger mon cancer avec leur situation. Cadeau d’un type fatigué d’entendre des types me dire : « Tu ne sais pas ce que je vis… » Ouais, vous ne savez pas non plus ce que je vis, merci. Du coup, je ne me fais plus agresser et je peux choisir mes lectures librement sans avoir l’angoisse de savoir comment va réagir l’auteur.

7) Vous êtes membre du comité de lecture du concours de nouvelles Culture Geek, pourquoi avez-vous décidé d’en faire partie ? Qu’espérez-vous ?

En tant que directeur de l’anthologie Calliope 2017, j’ai eu à gérer un comité de lecture et cela a été pour le moins, fatigant, j’ai décidé de rejoindre ce comité de lecture d’abord parce que j’aime bien le site Culture Geek, ensuite parce que ça me permet de découvrir des pratiques différentes (par exemple, à Calliope, nous pratiquons le comité de lecture aveugle, les membres ne se connaissent pas et les textes sont anonymisés pour éviter que les avis des uns puissent influencer les autres, seul le comité éditorial et la direction de l’anthologie de l’année, connaissent les notations finales) et enfin, parce que la thématique de l’appel à nouvelle me plaisait bien. Ce que j’espère ? Pas grand-chose, je ne fais ça que pour le plaisir d’éventuellement découvrir de nouvelles plumes où pour échanger sur des pratiques.

8) Pour les auteurs qui espèrent que leurs nouvelles plairont, qu’avez-vous à leur dire ? Qu’est-ce qu’il faut, pour vous, pour faire une bonne histoire de fantasy.

Je ne suis pas la bonne personne à qui il faut demander ça, j’aurais tendance à dire, emportez-moi dans votre monde, faites-moi rêver, découvrir et plonger dans votre imaginaire. Sortez des sentiers battus, luttez contre les poncifs du genre et puis voilà. J’aime les approches originales, les surprises, les imprévus, j’aime être pris au dépourvu au hasard d’un paragraphe, mais par pitié, ne confondons pas imprévus et incohérences. Alors, ça ne sera que mon humble avis personnel, il n’engage que moi mais, pour une bonne histoire de fantasy il vous faut :

De l’originalité (pas de poncifs, Conan le barbare et Xena la guerrière c’est surfait)
Du rêve (oui, emmenez-moi dans votre imaginaire, faites-moi plonger dans un monde inattendu, n’importe, je prends)
De la cohérence (Sortez des sentiers battus, oui, bien sûr, mais tracez votre propre route)
De la surprise (Ménagez vos effets, je déteste deviner la fin dès les six premières lignes)
De la chance (oui, parce qu’il faut que je sois bien disposé, que je n’ai pas lu dix textes similaires auparavant, que j’apprécie votre style et votre écriture)
De l’exigence (Ce n’est pas parce que c’est de la fantasy que l’orthographe, la grammaire ou la syntaxe peuvent être fantaisistes, merci pour mes yeux et pour les oreilles de mon entourage, oui, je peste beaucoup quand je lis des horreurs textuelles).

9) Que pensez-vous du thème du concours de nouvelles : fantasy + image de la femme forte et indépendante ? Ce thème vous fait-il penser à d’autres ouvrages que vous auriez lu ?

Je pense que c’est un thème intéressant et engagé, j’aime beaucoup l’idée. J’espère simplement ne pas juste découvrir des transpositions de Conan le barbare en version féministe. Oui, cela me rappelle des ouvrages que j’ai beaucoup apprécié tels que la bande dessinée Naomi, rarissime mais ô combien poétique de Crisse, la série des Aventuriers de la mer de Robin Hobb, la série Kōkaku kidōtai de Masamune Shirow ou encore très récemment le premier tome de la Dernière Geste : Si loin du soleil de Morgan of Glencoe, toute cette littérature laisse à penser qu’il y a encore beaucoup de place pour écrire de belles choses sur le sujet.

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