Feuilles d’Automne

Je suis très heureuse de vous parler d’un roman qui ne m’a pas laissé de marbre : Feuilles d’Automne d’Adeline Yen-Mah. J’ai lu la version poche des éditions Archi-poche. Vous pouvez cependant le trouver en grand format aux éditions de l’Archipel.

Résumé : En 1937, la première épouse de Mr Yen, capitaine d’industrie à Tianjin, meurt quelques jours après avoir donné naissance à une petite fille, Adeline, surnommée « Petite Cinquième ». Le chagrin du père est de courte durée : il se remarie à une séduisante Franco-Chinoise, Niang, femme futile et vaniteuse, avide de mondanités. À la maison, Niang ne cache pas son mépris pour les enfants nés du premier lit. C’est à Adeline que Niang réserve les trésors de sa cruauté. Malgré l’amour et la protection de sa chère tante Baba, « Petite Cinquième » devient le bouc émissaire de toute la famille.
En 1947, redoutant le péril communiste, la famille Yen quitte Shanghaï et s’exile à Hong-Kong. Adeline ne fait pas partie du voyage. Placée seule dans un orphelinat français à Tianjin, elle est, à la demande de ses parents, privée de visites et de courrier. C’est dans cette prison, pourtant, qu’elle va découvrir la clé de son existence : les livres…

Adeline Yen-Mah peint là sa vie dans un monde bien différent de celui d’aujourd’hui. Elle se livre, nous parle de son passé, de ses envies et de ses aspirations. Une autobiographie poignante, écrite avec finesse !

L’autobiographie…
Ce n’est pas un genre que je lis souvent mais, dans le cas de ce livre, je ne regrette pas d’avoir sauté le pas. L’autobiographie est caractérisée par l’utilisation du « je ». C’est donc le narrateur qui se trouve être le personnage principal. L’auteur nous raconte son passé, ainsi, il écrit « l’histoire » après l’avoir vécu. C’est donc un récit dit rétrospectif. La vie de tout le monde n’a pas vocation à être raconté. En effet, l’autobiographie apporte une réflexion sur la société ou sur soi-même. Elle permet aux lecteurs de s’interroger et, pourquoi pas même, de s’identifier. Bon, il faut savoir qu’ici, je pense qu’il est assez difficile de s’identifier à Adeline, dans le sens où son enfance est particulière…

L’aspect historique…
Outre l’histoire d’Adeline Yen-Mah, nous pouvons bénéficier dans cet ouvrage de nombreux éléments historiques. Il faut savoir que la Chine a subit énormément de changement et en subit encore aujourd’hui. C’est un pays qui a énormément évolué. On va alors suivre cette petite fille dans la Chine d’avant Mao. On va la suivre pendant l’occupation japonaise, on va suivre cette enfant durant toute une période calamiteuse de l’Histoire, et de la Chine et du monde. C’est quelque chose que j’ai énormément apprécié et auquel j’ai beaucoup accroché.

Un Vipère au poing à la sauce chinoise…
Pour ceux qui ne connaissent pas ce classique de la littérature française, voici une présentation : « Ce roman, le plus célèbre de l’auteur, est aussi largement autobiographique. Comme dans l’ensemble de son oeuvre, Hervé Bazin y donne les raisons de sa haine et de son combat contre toutes les oppressions familiales et sociales. Vipère au poing raconte la lutte impitoyable livrée par Brasse-Bouillon, alias Jean Rezeau, ainsi que ses frères, contre leur mère, une marâtre odieuse, calculatrice et violente. Folcoche, ainsi que ses enfants la nomment, règne avec autorité sur une famille angevine bien-pensante, ne lésinant pas sur les coups de fouet, les brimades et les humiliations. Mais Brasse-Bouillon est malin, vif et clairvoyant. Il affronte sa mère en lui tendant à son tour les pièges qui l’aideront à avoir raison d’elle.
Au premier degré, le livre possède un incontestable humour qui marque les esprits (inoubliable Folcoche, parangon de méchanceté !). Mais, il est avant tout un cri d’enfant et la dénonciation d’un certain modèle d’éducation qui fit longtemps les beaux jours des familles françaises. Pour son auteur, cela reste à tout jamais un traumatisme et un échec. »

« La corne de brume retentit dans la nuit des temps. Elle me hantera jusqu’à la fin de ma vie ; elle sera toujours synonyme de la solitude des hommes face à leur destin et ne cessera d’être le signe de l’existence d’un pays où le rêve est roi. »

Feuilles d’Automne est assez semblable à Vipère au poing, tout en étant très différent. Adeline Yen-Mah est une petite fille abandonnée de son père et détestée de sa belle-mère : Nyang. Tout n’est que manipulation, intrigue et curiosité dans la maison de cette famille. La petite Adeline va alors énormément souffrir de cette femme, Nyang à cause de laquelle elle n’arrivera pas à trouver sa place. Au final, le fond de ces deux ouvrages est le même : cette souffrance des enfants délaissés à cause d’une femme pompeuse et détestable. La forme est cependant différente. Hervé Bazin prend le parti de jouer avec l’humour des événements quand Adeline Yen-Mah nous expose avec réalisme ses sentiments et états d’âmes, nous prenant aux tripes.

Entre discriminations et préjugés…
Adeline va réussir à quitter la Chine pour vivre son rêve d’étudier à l’étranger. Elle se retrouve alors en Angleterre où les préjugés et la discrimination ont la vie dure… On voit, à travers les yeux de cette petite fille devenue une jeune femme, que les européens, communément appelés les blancs, persiste dans la croyance stupide et abrupte de la supériorité de leur « race ». Adeline Yen-Mah nous l’expose avec délicatesse, sans horreur ni dégoût. Elle nous montre, tout simplement, quelle était la réalité à cette époque. Elle nous en parle comme de quelque chose de commun qui ne la gênait pas plus que ça. Après tout, on s’habitue à tout…

Au final, je suis très satisfaite de cette lecture. C’est un roman que l’on n’arrive pas à lâcher, une fois quelques pages tournées. Le tableau réaliste d’un monde froid et difficile où l’amour n’a pas toujours sa place. Pour vous le procurer, c’est par ici.

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