Frères inhumains

J’ai donc lu la nouvelle pièce de théâtre de Hans Limon : Frères inhumains. Sortie le 22 Mars dans la collection électrons libres, Frères inhumains a été une excellente découverte !

Résumé : Un drame social, un huis clos psychologique étouffant, semi-autobiographique, peignant la misère d’une famille d’exclus, tiraillée entre l’amour et le ressentiment, dont les membres sont condamnés à s’autodétruire : la tragédie trop ordinaire de la pauvreté armée de haine. Suicide, viol, corps meurtris, âmes déchirées : compte à rebours oppressant d’une catastrophe programmée.

C’est donc la deuxième œuvre de Hans Limon que j’ai le plaisir de lire. Pour rappel, sa première pièce parue chez Évidence éditions avait fait l’objet d’un coup de cœur : Laboratoire. Laboratoire était très clairement ancré dans le genre de l’absurde. Ce n’est pas le cas de Frères inhumains. Ces deux pièces sont très différentes, mais toutes les deux magiques.

L’intrigue…
On va suivre une famille complètement déchiré par un père violent. Comme dit dans le résumé, c’est très clairement un « drame social ». Les personnages représentent chacun un caractère bien différent, ce qui donne cet effet de contraste entre eux. Ils viennent du même moule si je peux dire mais semblent si opposés, si différents… C’est l’histoire d’une déchirure. C’est un huis clos angoissant mais aussi gênant. Gênant par la véracité de certaines paroles, de certains gestes. On se dit que tout ceci arrive en vrai. Un huis clos déchirant qui nous amène à nous remettre en questions. Hans Limon peint la fêlure, il peint la maison qui menace de s’effondrer. Il nous montre avec dextérité et talent que le monde n’est pas rose, loin de là. Il nous fait réagir, il nous choque. Il nous emmène dans les méandres du social. Ce social que l’on cache, ce social sur lequel on ferme les yeux, ce social que l’on préfère oublier…

Les dialogues…
Malgré le sujet sensible, malgré ce « drame » qui se joue devant nos yeux, le ton est à la comédie. Parfois. À certains moments. Les dialogues sont fluides et additif. Additif ? C’est un jeu de réponses. Comme si les personnages s’amusaient à rétorquer sans arrêt. Comme pour savoir QUI aura le dernier mot à la fin. Parce que les dialogues sont importants dans une pièce de théâtre, ceux-ci sont effroyablement fort et marquant. Ils évoquent toute la détresse de ces personnages à travers quelques mots, juste quelques phrases… Quelques phrases pour nous montrer la fissure qui ne cesse de s’agrandir. Et malgré tout ça, le ton est à la comédie. Comme pour nous dire que nous sommes stupides de nous en faire pour eux. Que nous sommes stupides de nous inquiéter de leur sort… Tout ça parce que leur destin a été tracé en naissant dans cette famille.

Au final, Hans Limon est un auteur de génie. Je ne peux que vous recommander ses pièces qui sont un véritable régal. Laboratoire m’avait ouvert l’appétit, je peux dire que Frères inhumains m’a rassasié. Enfin… pour combien de temps ? Pour vous procurer Frères inhumains, c’est par ici.

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4 réflexions sur “Frères inhumains

  1. kerrylegres dit :

    Je ne sais plus si je te l’ai dit, mais je trouve tes chroniques excellentes et sont toujours agréables à lire !
    Il est rare qu’on arrive à me donner envie de lire un livre qui n’est mon genre, et là encore une fois avec toi, c’est le cas. Je le note sur ma petite liste :p

    J'aime

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