Chip – COUP DE CŒUR

J’ai lu Chip de David Tavityan, roman fantastique publié dans la collection I-Mage-In-Air de Évidence éditions. J’ai adoré ! À peine reçu que je l’avais déjà terminé. Un coup de cœur !

coeurRésumé : Chip Talbot et ses parents emménagent dans un coin perdu du Minnesota. Tout y respire l’ennui. Par chance, sa rencontre avec une voisine peu ordinaire, une certaine Johnnie Pop, sorcière débauchée et romantique, va changer la donne et redistribuer les cartes du destin pour tout un chacun.
Imposante afro-américaine de 120 kilos, Johnnie fume le cigare, aime faire la fête et boire du whisky. Pour Chip, c’est l’opportunité d’embrasser un horizon plus vaste. Mais la réalité frappe parfois durement : son père obsédé par la rentabilité de son épicerie, sa mère addicte au cinéma, la jeune Scarlett qui voudrait changer le caractère trop insouciant de son père, la sorcière elle-même, prête à tout pour retrouver son amant égyptien…
Entre réalité et magie, Chip s’interroge : pourrait-il trouver la formule idéale qui améliore l’existence du comté tout en rehaussant sa propre vie à l’étroit ?

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Alors, tout d’abord, de quoi ça parle exactement ? Quand j’ai vu la couverture, je l’ai trouvé étrange, vintage et un peu simpliste. Evidemment, je me suis demandée quel était le lien entre cette voiture qui semble très importante puisque, carrément centrée et de fait, notre regard est attiré par elle et seulement par elle, et le résumé qui ne parle aucunement de voiture. Plongée dans mes réflexions, je me suis dit que la meilleure façon d’éclaircir tout ça était tout bonnement de le lire. Ce que je fis donc, aussitôt. Et quelle bonne idée avais-je eu là !
On va alors suivre un jeune garçon d’à peine 14 ans, à la vie fade et morne. Il va alors déménager, lui et sa famille, sur l’initiative de son père qui voulait vivre quelque chose de nouveau avec sa supérette. (Pourquoi elle parle de supérette, celle-ci ? Ah, patience, patience, je vais y venir). Les voilà dans une cambrousse où tout le monde se connaît et où vit une très charmante dame que l’on surnomme avec bonhomie « la Mère Bouddha ». Le pauvre Chip s’ennuie ferme entre un père obnubilé par son épicerie (Tiens, la revoilà celle-la) et une mère accro au septième art. Mais, heureusement, la Mère Bouddha est là, enfin, pour combien de temps ?

Ce roman m’a énormément plu donc, comme je vous l’ai dit un peu plus haut. C’est une histoire qui s’ancre dans le genre du fantastique mais sans s’y baigner totalement. Il m’a semblé que, bien que la magie soit présente dans l’intrigue et y prenne tout de même une grande place, celle-ci pouvait être un peu reclassée au second plan. Mais alors qu’est-ce qui serait sur les feux de la rampe ? Quel élément ou quels éléments d’ailleurs pourraient avoir fait que je n’ai pas lâché ma liseuse (sauf pour mes besoins les plus primaires évidemment) ? Et bien, ma première réponse est les personnages, ma deuxième est l’environnement et l’ambiance et enfin, la dernière est la plume de l’auteur.

Les personnages…
Commençons notre introspection des habitants de cette bourgade du Minnesota. Le premier protagoniste qui me vient en tête est évidemment le très cher Chip, qui semble être le héros de l’histoire. Et je ne vous dis pas ça parce que le titre du roman est son nom lui-même. C’est d’ailleurs son point de vue que nous allons suivre tout le long du récit. Un point de vue interne qui ne nous donne donc que les ressentis de cet enfant (ou plutôt cet adolescent), à défaut d’avoir ceux de tous les habitants et donc un point de vue omniscient. Je me suis vite prise d’amitié pour ce jeune garçon au caractère intéressant : critique et plutôt lucide. Heureusement me direz-vous, c’est un peu autour de lui que tourne toute l’intrigue. C’est donc un personnage que l’auteur a su rendre attachant et non moins intrigant.
Nous avons ensuite, les parents de Chip que je vais prendre comme un tout. Bien que ce « tout » se décompose en deux plus tard. Tout ça à cause de l’épicerie ! (OH !) Ah, l’épicerie, m’y voilà enfin. Je vous tease depuis quelques lignes sur cet état de fait sans vous l’expliquer… Bon, l’épicerie est ce qui semble tenir le plus à cœur au papa de Chip, connu sous le nom de Buddy. Cette obsession pour cet endroit va le changer, au point où il fera un choix décisif. En ce qui concerne la mère de Chip, connue sous le nom de Peggy, elle laisse une large place à sa passion pour les écrans en général et le choix de Buddy lui permettra de vivre enfin ce qu’elle a toujours rêvé.
Qui nous reste-t-il d’intéressant ? Parlons un peu de la très importante Mère Bouddha qui est également un point central du récit de David Tavityan. C’est une magicienne. Paf, ça c’est dit ! Enfin, une sorcière plutôt, comme évoqué dans le résumé. Elle m’a beaucoup fait penser aux sorcières du Bayou. Non que je les ai déjà rencontré… Ce qui m’a beaucoup plu avec ce personnage est que l’on voit toute son évolution du début à la fin du roman. On voit sa capacité à réagir face à des événements qu’elle n’avait pas forcément prévu. On voit jusqu’où va sa force de caractère. Un excellent personnage, donc.

L’ambiance…
Waouh, j’adore cette ambiance à l’américaine ! L’Amériqueuh, l’Amériqueuh… Il faut dire que l’histoire se passe aux Etats-Unis, en fait. Donc, tout à fait logique tout ça. Le lieu est donc magique, à lui seul. C’est pour ça que je disais, un peu plus haut, que la magie pouvait être placée au second plan. Tout simplement parce que le lieu, le décor suinte de magie. Toujours dans la même veine, à l’image de la Mère Bouddha, ça suinte la magie du Bayou.

La plume de l’auteur…
David Tavityan a une plume tapageuse et décapante. Une plume qui nous réveille pour nous dire que ça y est, il est temps de bouger. L’auteur nous fait voyager au cœur de l’âme de ses personnages. Il nous fait découvrir ce qu’ils cachent, ce en quoi ils rêvent, ce en quoi ils aspirent. Sa plume, incisive, n’y va pas par quatre chemins et fait tomber même les portes de l’intime. Les personnages sont à notre merci, et l’auteur semble implacable. Le plus étonnant est que, je le rappelle, nous voyons tout par les yeux d’un petit garçon de 14 ans qui semble bien plus adulte que les adultes eux-même. C’est un roman pour jeune adulte, adulte (Jamais autant écrit le mot « adulte » de toute ma vie). Pourtant, la magie, la façon dont est traité cet aspect du roman semble être destinée à un public plus jeune. Justement de l’âge de ce jeune adolescent, en pleine crise identitaire. Une étrange sensation que j’ai beaucoup apprécié. Et qui donne ce côté unique au troisième roman de David Tavityan.

Et donc ? Le lien entre la couverture et l’histoire ?
Et bien, même si on ne parle aucunement de voiture dans le résumé, je vous assure qu’il y en a une dans le roman. Et cette voiture est sans doute le déclencheur du fabuleux destin (non, pas d’Amélie Poulain) de Chip.

Au final, j’ai eu un vrai coup de cœur pour ce roman. Je ne dis pas qu’il est parfait mais par son côté atypique et un peu vaudou, j’ai été happée par cette histoire, jusqu’à la dernière ligne. Un roman à découvrir, je peux vous assurer que vous ne serez pas déçu ! Pour vous le procurer, c’est par ici (disponible en numérique et papier).

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